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Roswell, Nouveau-Mexique. Des centaines d’avions commerciaux stationnés en plein désert, alignés sur plusieurs kilomètres – le phénomène intrigue depuis des années. Selon Simple Flying, American Airlines y a notamment entreposé ses gros-porteurs pendant plus de 5 ans après la pandémie de Covid-19.

Ce n’est pas un mystère inexpliqué : derrière ces images saisissantes se cache une logique économique et climatique très précise, qui concerne directement l’industrie aéronautique mondiale.

Avions stockés à Roswell : pourquoi ce site et pas un autre ?

  • Climat désertique : l’air sec du Nouveau-Mexique limite la corrosion et préserve les structures métalliques sur le long terme.
  • Sol argileux dur : la surface du sol permet de stationner des dizaines d’appareils lourds sans infrastructure béton coûteuse.
  • Espace disponible : l’aéroport régional de Roswell (ROW) dispose d’une capacité d’entreposage exceptionnelle, avec des milliers d’hectares libres.
  • Coût faible : louer un emplacement à Roswell revient bien moins cher qu’un hangar dans un grand aéroport actif.
  • Historique militaire : le site est une ancienne base de l’US Air Force, reconvertie avec des infrastructures déjà adaptées aux gros aéronefs.
Des avions commerciaux alignés dans le désert du Nouveau-Mexique à Roswell
Centaines d’aéronefs stationnés dans le désert aride de Roswell, Nouveau-Mexique. (illustration générée par IA)

Quelles compagnies aériennes sont concernées par le boneyard de Roswell ?

American Airlines est l’un des cas les plus documentés. D’après Simple Flying, la compagnie a retiré plusieurs de ses gros-porteurs à Roswell dès le début de la pandémie en 2020. Ces appareils, principalement des widebodies comme des Boeing 777 et 767, sont restés sur place jusqu’à 5 ans avant d’être soit remis en service, soit cédés à des opérateurs étrangers – notamment au Vietnam selon la même source.

Mais American Airlines n’est pas seule. D’autres compagnies internationales utilisent régulièrement Roswell et des sites similaires dans le désert américain (Tucson, Victorville, Marana) pour stocker des flottes en excédent, en maintenance longue durée ou en attente de revente. Tout avion qui ne vole pas coûte de l’argent – le stocker au bon endroit limite les pertes.

Quel impact économique pour les compagnies aériennes ?

La décision de garer un avion dans le désert n’est jamais anodine. D’après Simple Flying et View from the Wing, American Airlines fait face à un écart de rentabilité de plusieurs milliards de dollars par rapport à Delta et United. La gestion de flotte – dont le stockage temporaire à Roswell – fait partie des leviers pour réduire les coûts fixes.

Ce que coûte un avion à l’arrêt

Stockage désertEntre 1 000 et 3 000 $ par mois selon la source et le type d’appareil
Maintenance préventiveCoûts réduits grâce au climat sec – moins d’humidité, moins de corrosion
Hangar aéroport actifPlusieurs fois plus cher – entre 10 000 et 50 000 $ par mois selon la taille

Le désert de Roswell permet aux compagnies de réduire drastiquement le coût d’immobilisation de leurs flottes.

Vue aérienne du boneyard de Roswell avec des dizaines d'avions stationnés
Vue aérienne de l’aéroport de Roswell et ses rangs d’avions immobilisés. (illustration générée par IA)

Que devient un avion après Roswell ?

1

Remise en service : si la demande repart, l’avion est reconditionnée, inspecté et réintègre la flotte active de la compagnie.

2

Vente ou leasing : l’appareil est cédé à une autre compagnie, souvent dans des marchés émergents. C’est ce qui s’est passé avec les appareils d’American Airlines partis vers le Vietnam, selon Simple Flying.

3

Démantèlement : si l’avion est trop vieux ou trop coûteux à remettre en état, il est démantelé sur place. Les pièces sont récupérées et revendues – un marché lucratif en lui-même.

📌 À retenir

  • Roswell est un site de stockage d’aéronefs majeur grâce à son climat sec, son espace et ses coûts réduits.
  • American Airlines y a entreposé des gros-porteurs pendant plus de 5 ans après la pandémie, avant de les revendre ou les remettre en service.
  • Le boneyard de Roswell est un outil économique concret pour les compagnies qui cherchent à limiter leurs coûts fixes de flotte.
  • Si tu achètes un billet sur une compagnie en difficulté, vérifie l’état de sa flotte et sa santé financière – des appareils dormants pendant des années reviennent en service avec des histoires de maintenance complexes.

📎 Sources

  • Simple Flying – Pourquoi les gros-porteurs retirés d’American Airlines pendant le Covid ont stationné à Roswell 5 ans avant de partir au Vietnam
  • View from the Wing / Simple Flying – Plan du PDG d’American Airlines pour combler l’écart de rentabilité face à United et Delta
(Les illustrations sont générées avec IA)
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