Air Canada a nommé un nouveau PDG maîtrisant le français et l’anglais, rompant avec la gestion contestée de son prédécesseur Michael Rousseau, qui avait déclenché une tempête politique au Québec en avouant ne pas parler français.
Pour les voyageurs francophones et les passagers québécois, ce changement à la tête de la compagnie pourrait signaler une évolution réelle de la politique linguistique d’Air Canada – ou rester un geste purement symbolique.
Nouveau CEO bilingue chez Air Canada : ce qui change vraiment
- Le nouveau PDG d’Air Canada parle couramment français et anglais, contrairement à Michael Rousseau qui avait publiquement reconnu ne pas maîtriser le français.
- Rousseau avait provoqué une crise en déclarant, lors d’une conférence à Montréal en 2021, qu’il vivait dans la métropole depuis plus de sept ans sans avoir besoin d’apprendre le français.
- Les excuses publiques de Rousseau n’avaient pas suffi à éteindre l’incendie politique, notamment au Québec et dans les milieux fédéraux attachés aux droits linguistiques.
- Selon View from the Wing, le vrai débat n’a jamais porté uniquement sur la fluidité linguistique du dirigeant, mais sur la politique de service en français d’Air Canada dans son ensemble.
- Air Canada est légalement tenue, en tant qu’entreprise sous juridiction fédérale, de servir ses clients dans les deux langues officielles du Canada.
Quels passagers sont concernés par la politique linguistique d’Air Canada ?
Tous les passagers canadiens sont théoriquement concernés, mais les francophones – en particulier au Québec et dans les communautés francophones hors Québec – sont directement impactés par la qualité de service en français.
Air Canada dessert des millions de passagers chaque année sur des routes nationales et internationales. Le respect de la Loi sur les langues officielles s’applique à l’ensemble de ses services : réservation, embarquement, service à bord et communication de crise.

Quel impact concret pour les passagers francophones d’Air Canada ?
La nomination d’un PDG bilingue envoie un signal, mais elle ne change pas mécaniquement la qualité du service en français au sol ou à bord. Selon View from the Wing, le problème central reste structurel : la compétence linguistique du dirigeant n’est pas ce qui détermine si un agent d’embarquement à Toronto répond en français ou si le service en cabine est disponible dans les deux langues.
Ce qui change concrètement, c’est la posture publique de la compagnie et sa capacité à dialoguer avec les élus québécois et les régulateurs fédéraux sans provoquer de crise diplomatique interne à chaque prise de parole officielle.
Que faire si le service en français d’Air Canada reste insuffisant ?
Documenter les manquements au service en français : note la date, le vol, et la nature du problème (agent non francophone, annonce uniquement en anglais, etc.).
Déposer une plainte formelle auprès du Commissariat aux langues officielles du Canada, l’organisme habilité à enquêter sur les manquements d’Air Canada.
Comparer les politiques de service des compagnies avant de réserver : le choix de la compagnie reste le levier le plus direct pour voyager dans les conditions souhaitées.

📌 À retenir
- Air Canada a nommé un PDG bilingue après la crise provoquée par Michael Rousseau et son incapacité assumée à parler français.
- Le débat linguistique chez Air Canada dépasse la simple compétence du dirigeant : il porte sur la politique de service en français à tous les niveaux de l’entreprise.
- Air Canada est légalement obligée d’offrir ses services dans les deux langues officielles – la nomination ne change pas cette obligation, elle en améliore (potentiellement) l’application.
- Si tu constates un manquement au service en français, tu peux porter plainte au Commissariat aux langues officielles du Canada.
📎 Sources
- View from the Wing – Analyse de la nomination du CEO bilingue d’Air Canada et du débat linguistique autour de la compagnie